30.04.2008
Un autre monde est possible... mais lequel, boudiou ?!
J'aime beaucoup ce titre car il est déclinable à l'infini : «Ce n’est qu’un début, continuons quel combat ? » (version République/Nation/Bastille), , «Faut bouger le système cousin mais dans quel sens déjà? » (version Streetwear), «On ne va pas tarder à trouver un projet» (version Parti Socialiste Français).
Cette absence d’objectif de la plupart des mouvements contestataires se concrétise par une même stratégie : compter sur l'émotion suscitée par les constats écologiques et sociaux mis en avant pour s'exonérer de toute cohérence globale des revendications.
On peut également retrouver cette absence dans les œuvres militantes. Le film «American Dreamz » présente comme utopie un sosie de Bush avouant…qu’il ne sait pas ce qu’il faut faire. La bande dessinée « Garduno en temps de paix » aligne quant à elle les tristes constats de l’état du Monde en proposant au final… de rejoindre ceux qui « luttent contre ».
De tous temps, les mouvements de changements généreux et altruistes ont eu une certaine difficulté à éviter un écueil, se contenter de lutter « contre le système ». Expression adolescente qui sera toujours intraduisible en changements fondamentaux, heureux et pérennes.
Une solution existe pour éviter de lutter contre la société en général : se concentrer sur celle d’aujourd’hui.
Et il se trouve que les (tristes) constats à la base des mouvements contestataires sont en lien avec la principale évolution du monde d’aujourd’hui
15:30 Publié dans Vrais changements | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
09.04.2008
Y’a le bon écolo et le mauvais écolo
Le bon écologiste est plutôt facile à repérer : Quel que soit le sujet de conversation initial, il finira de toute façon par vous expliquer la différence entre lui et le reste de l’Humanité.
Lui l'écologie, il la pratique. Il refuse l'avion autant que les fruits hors saison. Il rejette les fast food en général et les big mac en particulier. Et non seulement il commande directement chez le fermier et il recycle mais ce qui reste est composté.
Les autres se contentent d'être concernés, ces salauds.
Techniquement, il y a peu de chances que ces "ecogestes" puissent résoudre les problèmes écologiques d’actualité – en 2008, seules des lois nationales et surtout internationales ont les moyens de changer la réalité dans les délai impartis - mais néanmoins ce constat d'un faible nombre d'acteurs pour un grand nombre de bonnes volontés est vrai. C'est le "beaucoup de croyants, peu de pratiquants" de Nicolas Hulot.
Résorber ce grand écart pourrait avoir d'autres impacts que la démultiplication des tas de compost. Derrière bons comme mauvais écolos se cachent des électeurs dont les variations d'humeur et d'échelles de valeur restent les premiers vecteurs des futurs changements de politique de la communauté internationale.
Le texte ci-dessous s’intéresse aux raisons précises de ce décalage. Il les décrypte et – toute solution commençant par le repérage du problème - il interroge la manière d'agir des acteurs de l'écologie.
11:45 Publié dans A vous de juger | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
28.03.2008
Le jour où on aura la santé
Aujourd’hui, l’argent dépensé pour développer de nouveaux médicaments dépend de deux choses: les subventions des pays qui peuvent se le permettre et les futures ventes du médicament en question.
L’avantage de cette approche ? Elle a permis et permet encore de lever des milliards de dollars: assurés de retrouver leurs billes et souvent beaucoup plus par l’exclusivité garantie par le dépôt d’un brevet, les laboratoires sont prêts à investir les sommes nécessaires.
Ses défauts? Les financements privés vont vers les maladies les plus «solvables». Dans une logique commerciale, il est en effet préférable d’améliorer une érection aux États-Unis ou en Europe qu’une espérance de vie en Afrique.
Une proposition de réforme consiste à mettre en place un fond mondial financé par les pays en fonction de leur produit domestique brut.
Les financements seraient alors versés par le fond aux laboratoires en fonction du… potentiel de chaque recherche à sauver les vies et à améliorer la santé.
Les producteurs ayant déjà engrangé cette prime, l'accès aux résultats de la recherche serait libre et ils pourraient alors vendre à bas prix pour le bénéfice de tous.
Cette réforme est devenue en 2006 un thème officiel de recherche de l’OMS.
Si elle était adoptée dans sa forme actuelle, elle marquerait une étape dans le principal enjeu d’un monde post-mondialisé: l'invention de nouveaux rapports entre les Etats et les Entreprises.
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