30.06.2008

Où militer aujourd'hui pour avoir une voiture de fonction demain ? (courrier des lecteurs)

Cher Monsieur,

La volonté exprimée par votre fils de «rejeter la société de consommation et le néolibéralisme sauvage des élites mondialisées» semble effectivement poser de nombreux problèmes au sein de votre cellule familiale.

Je comprends en effet aisément l’impact négatif sur l’ambiance des réunions familiales que peut avoir la volonté de Kévin de «vomir Noël, la fête des mères et tous les autres symboles pourris des oppressions religieuses comme capitalistes d’ailleurs».
De plus, à partir du moment où votre enfant refuse de «rejoindre n’importe laquelle des écoles des moutons du capitalisme, [ces] véritables fabriques de futurs esclaves volontaires des multinationales», ses choix d’orientation professionnelle semblent, au mieux, incertains.

La question que nous devons nous poser est la suivante : Comment doit réagir l’éducateur parental face à pareille situation ?

Si elle a le mérite de la simplicité, je ne crois pas que la méthode que vous suggérez (des «coups de pieds au cul pour le remettre dans le droit chemin ») soit pertinente.

De même, l’«envoi dans un camp d’encadrement militaire» ne me semble pas envisageable à court terme. Si nous ignorons si ceux–ci étaient prévus pour répondre aux problèmes d’orientation, la candidate qui les suggérait n’a de toutes façons pas été élue.

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30.04.2008

Un autre monde est possible... mais lequel, boudiou ?!

J'aime beaucoup ce titre car il est déclinable à l'infini : «Ce n’est qu’un début, continuons quel combat ? » (version République/Nation/Bastille), , «Faut bouger le système cousin mais dans quel sens déjà? » (version Streetwear), «On ne va pas tarder à trouver un projet» (version Parti Socialiste Français).

Cette absence d’objectif de la plupart des mouvements contestataires se concrétise par une même stratégie : compter sur l'émotion suscitée par les constats écologiques et sociaux mis en avant pour s'exonérer de toute cohérence globale des revendications.

On peut également retrouver cette absence dans les œuvres militantes. Le film «American Dreamz » présente comme utopie un sosie de Bush avouant…qu’il ne sait pas ce qu’il faut faire. La bande dessinée « Garduno en temps de paix » aligne quant à elle les tristes constats de l’état du Monde en proposant au final… de rejoindre ceux qui « luttent contre ».

De tous temps, les mouvements de changements généreux et altruistes ont eu une certaine difficulté à éviter un écueil, se contenter de lutter « contre le système ». Expression adolescente qui sera toujours intraduisible en changements fondamentaux, heureux et pérennes.

Une solution existe pour éviter de lutter contre la société en général : se concentrer sur celle d’aujourd’hui.

Et il se trouve que les (tristes) constats à la base des mouvements contestataires sont en lien avec la principale évolution du monde d’aujourd’hui

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09.04.2008

Y’a le bon écolo et le mauvais écolo

Le bon écologiste est plutôt facile à repérer : Quel que soit le sujet de conversation initial, il finira de toute façon par vous expliquer la différence entre lui et le reste de l’Humanité.

Lui l'écologie, il la pratique. Il refuse l'avion autant que les fruits hors saison. Il rejette les fast food en général et les big mac en particulier. Et non seulement il commande directement chez le fermier et il recycle mais ce qui reste est composté.
Les autres se contentent d'être concernés, ces salauds.

Techniquement, il y a peu de chances que ces "ecogestes" puissent résoudre les problèmes écologiques d’actualité – en 2008, seules des lois nationales et surtout internationales ont les moyens de changer la réalité dans les délai impartis - mais néanmoins ce constat d'un faible nombre d'acteurs pour un grand nombre de bonnes volontés est vrai. C'est le "beaucoup de croyants, peu de pratiquants" de Nicolas Hulot.

Résorber ce grand écart pourrait avoir d'autres impacts que la démultiplication des tas de compost. Derrière bons comme mauvais écolos se cachent des électeurs dont les variations d'humeur et d'échelles de valeur restent les premiers vecteurs des futurs changements de politique de la communauté internationale.

Le texte ci-dessous s’intéresse aux raisons précises de ce décalage. Il les décrypte et – toute solution commençant par le repérage du problème - il interroge la manière d'agir des acteurs de l'écologie.

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